Le phénomène

 
 
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Comment se manifeste-t-il ?

Une inondation est une montée des eaux, plus ou moins rapide, dans une zone habituellement hors d’eau. Le risque inondation est la conséquence de deux composantes : l’eau qui peut sortir de son lit habituel d’écoulement ou remonter en surface et l’homme qui s’installe dans la zone inondable avec toutes sortes de constructions, d’équipements et d’activités. Au delà des différents types d’inondation décrits ci-dessous, celles-ci comprennent également l’inondation par rupture d’ouvrages de protection (brèche dans une digue), la submersion marine dans les estuaires (conjonction de fortes marées et de situation dépressionnaire entraînant la crue du fleuve).

Toutes les communes des Bouches-du-Rhône sont concernées par le risque inondation. 

Le réseau hydrographique très contrasté engendre des risques d’inondation variés.

La montée lente des eaux

Les inondations de plaine

Une rivière sort de son lit mineur lentement et peut inonder la plaine pendant une période relativement longue. La rivière occupe alors son lit moyen puis éventuellement son lit majeur. Le Rhône et la Durance sont les deux grands cours d’eau du département qui peuvent engendrer des crues de plaine. La dynamique du phénomène permet généralement de l’annoncer à la population, excepté si une rupture de digue se produit.

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Lit majeur (graphies : MEDDEMinistère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie) : il est structuré par les crues peu fréquentes à exceptionnelles (périodes de retour décennale à plus que centennale). Le risque d'inondation dans le lit majeur existe mais il est souvent méconnu.

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Lit mineur (graphies : MEDDEMinistère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie). Il correspond au chenal dans lequel se concentrent les écoulements l'été lors des basses eaux

   

Les remontées de la nappe phréatique

Une inondation spontanée se produit lorsque la nappe affleure un terrain, bas ou mal drainé, saturé d’eau. Ce phénomène peut perdurer.

Les canaux de drainage rural

Essentiellement situés dans le Nord-Ouest du département, ces canaux, souvent endigués en surélévation des sols, transitent des débits de crue importants, tel le Vigueirat. Leur montée est généralement lente mais pose des problèmes spécifiques.

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Rupture du Canal du Vigueirat (décembre 2003)

Défaillance des ouvrages de protection

La formation d'une crue lente peut s'accompagner de phénomènes plus rapides causés par des ruptures de digues. Sur le Rhône et la Durance marqués par une configuration de « lit en toit » (le lit mineur est plus élevé que les plaines riveraines), les brèches sur les ouvrages de protection conduisent à déverser des volumes d'eau très importants dans le lit majeur. A l'arrière immédiat des ouvrages, les dégâts sont considérables du fait des fortes vitesses des écoulements. Plus globalement, la zone touchée dépend alors en partie de l'emplacement de la brèche comme l'illustrent les dernières crues sur le Rhône : 1993, 1994 et 2003.

La formation rapide de crues torrentielles

Lorsque des précipitations intenses tombent sur tout un bassin versant, les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans le cours d’eau, d’où des crues brutales et violentes. Le lit du cours d’eau peut être rapidement colmaté par le dépôt de sédiments et des bois morts former des barrages, appelés embâcles. Lorsqu’ils viennent à céder, ils libèrent une énorme vague qui peut être mortelle.

L’Arc, la Cadière, l’Huveaune, la Touloubre et les Aygalades sont les principaux fleuves côtiers du département affectés par des crues torrentielles. Pour ces cours d’eau, dont les bassins versants se mesurent en centaine de kilomètres carrés, le temps de montée de la crue est rapide. Cela limite, de fait, les possibilités d’annonce et d’intervention efficace avant le maximum de crue.
Ce type de crue peut également se rencontrer dans des bassins versants secondaires, affluents des cours d’eau précédents (Luynes, Jouine, Maïre, Merlençon, Grand Vallat, …) ou autres vallat, thalweg sec ou encore gaudus, et peuvent être concernés par des crues rapides et violentes. Outre des dé

gâts matériels qui peuvent être très importants, les crues torrentielles peuvent être meurtrières : 26 août 1986, 1 victime à Roquefort-la-Bédoule (200 mm d’eau) ; 22 septembre 1993, 1 victime à Aix-en-Provence (222 mm d’eau).

Les crues récentes les plus importantes
  • Bassin versants de l'Arc et de la Touloubre : janvier 1978, septembre 1993, octobre 1994, décembre 2003
  • Crue de la Cadière : 22 et 23 septembre 1993, qualifiée de centennale
  • Crue de l'Huveaune : janvier 1978

La crue de mai 1856 est la plus forte crue observée, depuis deux siècles, sur la partie Rhône aval. Lors des crues du Rhône d’octobre 1993, janvier 1994 et décembre 2003, des ruptures de digues (non CNR - Compagnie Nationale du Rhône) ont amplement démontré la fragilité des ouvrages et la vulnérabilité des habitations et activités installées dans les espaces supposés protégés. Une part importante des dégâts causés par les crues de la Durance de 1994 est également liée aux ruptures de digues et d’épis.

Les orages « cévenols »
Les variations de température, lorsque les vents de Sud chargés d’humidité se trouvent au contact des versants sud des massifs montagneux (Cévennes, Alpes, Pyrénées), provoquent de violents orages chargés de fortes quantités d’eau.

Par ailleurs il existe dans le département de nombreux cours d’eau secondaires qui drainent des bassins versants de moindre importance (quelques dizaines de km²) à écoulements permanents ou non et affluents des cours d’eau précédents. Les affluents non pérennes sont appelés valats, thalweg sec ou encore gaudus, et peuvent être concernés par des crues rapides et violentes.

Outre des dégâts matériels qui peuvent être très importants, ces crues peuvent aussi faire des victimes : 26 août 1986, 1 victime à Roquefort-la-Bédoule (200 mm de précipitation en quelques heures) ; 22 septembre 1993, 1 victime à Aix-en-Provence (222 mm de précipitation).

Le ruissellement pluvial urbain

L’imperméabilisation du sol par les aménagements ainsi que certaines pratiques culturales limitent l’infiltration des eaux et augmentent le ruissellement. Ceci occasionne la saturation et le refoulement du réseau d’assainissement des eaux pluviales. Il en résulte des écoulements plus ou moins importants et souvent rapides dans les rues (temps de montée des eaux parfois inférieure à une heure).

Les submersions marines

Ce sont des inondations temporaires de la zone côtière par la mer dans des conditions météorologiques (forte dépression et vent de mer) et marégraphiques provoquant des ondes de tempêtes.

Elles envahissent en général des terrains situés en dessous du niveau des plus hautes mers, mais aussi parfois au-dessus si des projections d’eaux marines franchissent des ouvrages de protection.
Ce phénomène est lié à une conjonction de différents facteurs : élévation du niveau de la mer due à la tempête (surcote) associée à une faible pression atmosphérique avec vent fort à la côte, forte houle ou raz de marée.

Les submersions sont dues:

  • à la rupture ou à la destruction d’un cordon dunaire à la suite d’une érosion intensive (c’est le cas notamment en Camargue jusqu’à la pointe de la Gracieuse) ;
  • au débordement ou à la rupture de digues ou d’ouvrages de protection, ou encore à leur franchissement par des paquets de mer.

Le Tsunami

Longtemps méconnu et peu considéré, de par une faible occurrence, le risque de tsunami en Méditerranée est avéré. Même si l’ampleur des dégâts ne devrait jamais être comparable à ceux des tsunamis observés dans l’océan Indien en 2004 ou plus récemment sur les côtes japonaises en 2011, des phénomènes de faible intensité pourraient provoquer de graves préjudices sur nos côtes. Le principal enjeu en cas de tsunami porterait essentiellement sur les plages caractérisées par une très forte occupation touristique durant l’été.

Définition du phénomène

Le tsunami (du japonais « tsu » port et « nami « vague) ou raz-de-marée est une ou plusieurs séries de vagues de grande période se propageant dans toutes les directions à partir de la source.
Ils sont provoqués par la pénétration ou la disparition (en ce qui concerne les séismes, on évoque plutôt le soulèvement ou/et affaissement) dans les fonds marins d’une quantité importante de matériel géologique, entraînant le déplacement d’une grande masse d’eau.
Il en résulte un envahissement par la mer, brutal et plus ou moins important des zones littorales pouvant générer des dégâts considérables.

Ils peuvent être issus de trois sources :

  • les séismes sous-marins,
  • les mouvements de terrain (terrestres ou sous-marins),
  • les explosions volcaniques.

Le contexte local

Dans le département des Bouches-du-Rhône, trois sources tsunamigéniques peuvent être considérées :

  • Un séisme

Un séisme se produisant au large des côtes algériennes est un scénario redouté. Il pourrait engendrer un tsunami qui atteindrait nos côtes en environ 1h30. Il s’agit d’un scénario étudié par le BRGMBureau des Recherches Géologiques et Minières.
Pour ce type de phénomène, un centre d’alerte a été crée : le CENALT (voir plus bas).

  • Un glissement de terrain sous-marin

Un important glissement de terrain sous-marin d’origine régional ou local pourrait également provoquer tsunami susceptible d’impacter le littoral.

Quelques exemples locaux ou régionaux existent sur nos côtes :

27 juin 1812 : à Marseille, la mer s’est retirée sur une distance de presque six mètres. Dans le port, en partie mis à sec, des navires ont été endommagés.
16 octobre 1979 : un raz-de-marée provoqué par un éboulement de terrain fait 11 victimes, principalement les ouvriers sur le chantier de l’aéroport de Nice dans la région de Nice Antibes.
6 août 1985 : un tsunami s’est fait ressentir sur l’ensemble du littoral du Golfe du Lion, plus particulièrement de Port-Saint-Louis-du-Rhône aux Saintes-Maries-de-la-Mer provoquant de nombreux dégâts : 2 500 estivants sinistrés, 1 victime.
24 août 2004 : un petit raz-de-marée est provoqué par un glissement de terrain près de la Pointe-Rouge à Marseille.

 
  • Un mouvement de terrain côtier de grande ampleur

Les mouvements de terrain que subissent les falaises côtières font partie des différents phénomènes susceptibles de générer un tsunami. Il faudrait alors qu’une masse importante (plusieurs centaines de milliers de m3) de falaise s’effondre et impacte une zone immergée.
Dans les Bouches-du-Rhône, la côte rocheuse (de la Côte Bleue à la frontière varoise) présente des zones d’instabilités identifiées et susceptibles de provoquer ce phénomène. Le tsunami généré par un mouvement de terrain côtier de grande ampleur aurait des conséquences localisées.

Un centre d'alerte au tsunami opérationnel depuis 2012 (pour les tsunamis d'origine sismique)

Un centre d’alerte aux tsunamis (CENALT) a été mis en place en 2012 avec pour charge la surveillance des forts séismes et des tsunamis de la Méditerranée occidentale et de l’Atlantique nord-est.

Caractéristiques des tsunamis au niveau du rivage d'après le Glossaire des tsunamis, 2003, modifié d'après Pedreros et al.,2007

Le 16 avril 2015, une information du CENALT faisant part d'un risque de submersion marine sur la frange littorale suite à un séisme survenu au large de la Grèce à 20h07 (sur-vague de 1 mètre de hauteur attendue pour 22h47), a conduit les autorités et le SDISService départemental d'incendie et de secours à évacuer préventivement 17 véhicules et leurs occupants stationnés sur les plages des Saintes Maries de la Mer, Salin de Giraud et Port Saint Louis. L'alerte a été levée dans la soirée.