Discours de commémoration prononcé par M. Bruno CASSETTE, sous-préfet d’Aix-en-Provence, Représentant de M. Christophe MIRMAND, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et des Bouches-du-Rhône

 
 
27 janvier 2022 : Journée de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste

  

Discours de commémoration prononcé par M. Bruno CASSETTE, sous-préfet d’Aix-en-Provence

Représentant de M. Christophe MIRMAND, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et des Bouches-du-Rhône 

Cérémonie de la journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste, Camp des Milles

Jeudi 27 janvier 2022

Seul le prononcé fait foi

   

Madame la maire,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le président de la fondation du Camp des Milles,

Messieurs les généraux,

Mesdames et Messieurs les consuls,

Mesdames et Messieurs les représentants des services de l’État,

Mesdames et Messieurs les représentants des cultes,

Mesdames et Messieurs les présidents d’association,

Mesdames et Messieurs,

 

Au matin du 27 janvier 1945, dans les plaines de Pologne, des femmes, des hommes, des enfants, se trouvaient dans les camps d'Auschwitz-Birkenau. Ils étaient encore 7 000. Plus d'un million de personnes déportées y ont péri. Plus de six millions de juifs ont été exterminés dans les camps de la mort, les camps de l’horreur.

Énumérer, répéter, représenter, c’est ce que font tous ceux qui refusent de se résigner face à l’oubli, au déni et à l’indifférence. C’est ce que nous faisons aujourd’hui.

Nous voici ensemble afin que jamais ne soient banalisées, minimisées ou niées les cruautés de l'holocauste. Nous voici ensemble pour rendre hommage, pour honorer la mémoire de ces femmes et de ces hommes que la France n’a pas su protéger. Nous voici ensemble parce que c’est notre Humanité qui l’appelle.

Cette cérémonie est une tradition, et vous êtes ici parce que vous en savez l’importance. Élie Wiesel, prix Nobel de la Paix disait : « Je suis convaincu que le Camp des Milles sera un lieu important, très important pour les siècles à venir ». Lieu de mémoire, lieu vivant, l’histoire de la Shoah, ancrée au Camp des Milles, nous rappelle ces heures noires qui souillent à jamais notre passé, que la France n’oublie pas, qu’elle n’oubliera jamais. 

Se réunir ici chaque année doit nous assurer du fait que nous ne laisserons plus jamais une telle ignominie se reproduire.

Se réunir ici chaque année est un devoir moral à l’égard des victimes, remémoration que nous forgeons par notre présence, nos paroles, nos actes.

Se réunir ici chaque année répond enfin à une responsabilité, individuelle et collective : celle de la transmission. Ne laissons pas les jeunes générations oublier ce que fut la guerre, apprenons-leur toujours le prix du rejet de l’autre, du repli sur soi.

Car c’est bien à cela que sert l’Histoire et sa mémoire : à nous donner des leçons et à nous apprendre à faire autrement. N’oublions pas. Au contraire, rappelons-nous de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants. Souvenons-nous de cet épisode tragique de notre passé pour, au quotidien, nous rassembler et croire en l’avenir. 

Plus que jamais, il est de notre responsabilité de faire vivre la mémoire de tous celles, et toutes ceux qui ont été les victimes de l’holocauste, du régime nazi. Cette responsabilité a été intégrée dans notre Histoire, celle de la France, celle de la République française. Elle a gravé la mémoire de la Shoah dans le marbre de ses lois, elle l’enseigne aujourd’hui à l’école, elle transmet cet héritage en ces lieux mêmes aux générations futures. C’est pourquoi il ne peut y avoir de fin au souvenir. Ce « wagon » nous rappelle à chaque instant cet enfer au bout des rails, ces vies anéanties, ces destins brisés.

Cette mémoire doit être constamment réactivée, car les esprits du mal apparaissent aujourd’hui sous de nouvelles formes. Les mots ne sont pas les mêmes, les auteurs non plus, mais c’est le même mal. La lutte contre l'antisémitisme demeure un combat contemporain, un combat quotidien, fait de paroles et d’actes, de mémoire et de démonstration afin de donner à chacun sa chance d’être reconnu comme tel.

Le pays de Simone Veil, notre pays, la France, ne se résignera jamais à revivre la barbarie qu’elle a connue. Cette commémoration donne à chacun d’entre nous l’opportunité de méditer les leçons qui se dégagent de ce drame historique : pour que de tels faits ne se reproduisent pas, pour que tels actes ne se reproduisent plus.

Puissions-nous aujourd’hui tous ensemble regarder l’histoire en face, s’en rappeler, pour que la France n’oublie pas, pour qu’elle n’oublie jamais.

N’arrêtons jamais de nous réunir, chaque 27 janvier.

N’arrêtons jamais de nous souvenir.

N’arrêtons jamais de rendre hommage.

N’arrêtons jamais de transmettre.

Vive la République, vive la France.

 

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