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Centrale de Gardanne-Meyreuil : l’État et les collectivités portent une nouvelle ambition

 
 
Centrale de Gardanne-Meyreuil : l’État et les collectivités portent une nouvelle ambition

Après prés de deux ans de discussions et de réflexions entre l’État et les parties prenantes concernées, un pacte a été conclu pour la fermeture de la centrale à charbon de Gardanne-Meyreuil.

« Fermer cette centrale à charbon, c’est tourner la page des énergies fossiles et s’inscrire en responsabilité devant l’histoire et les générations futures; c’est aussi mettre en œuvre la vraie écologie, celle qui invente avec les territoires les solutions adaptées à chaque situation » a déclaré Barbara Pompili lors d’un message vidéo adressé aux participants.

La signature de ce pacte consacre un long travail de près de deux ans entre toutes les parties prenantes concernées, qui s’était traduit au mois de janvier par un premier document stratégique qui avait permis de sceller le partenariat et d’identifier des pistes de redynamisation du territoire.

Le Pacte met l’accent sur quatre grandes thématiques : le bois, l’économie circulaire, les énergies de demain et la mobilité décarbonée :

· La présence de la tranche biomasse (150 Mégawatts électriques) de Gardanne/Meyreuil constitue une opportunité pour créer des synergies et contribuer à structurer la filière bois en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Un projet de scierie est aujourd’hui bien avancé (avec une vingtaine d’emplois à la clé) ; l’interprofession va lancer début 2021 une étude stratégique pour cibler les secteurs les plus porteurs et les implantations possibles pour d’autres projets de la filière ; le pôle bois devrait également comporter une composante formation, en lien avec le lycée de Valabre.

· La mutation vers l’économie circulaire, qui a fait l’objet d’une loi importante adoptée en février 2020, constitue un enjeu considérable. Le Pacte identifie des projets en matière de valorisation des matières plastiques, ou encore de déchets du BTPBâtiment et travaux publics.

·  L’énergie est bien sûr au centre du Pacte, avec un grand projet industriel de production de e-méthanol, dont les débouchés sont amenés à s’élargir tant en Allemagne (secteur automobile) qu’en France (utilisation pour divers types de navires), mais aussi d’hydrogène. Une valorisation de la chaleur fatale issue de la tranche biomasse est à l’étude en vue d’une utilisation par le réseau de chaleur d’Aix-en-Provence, amené à se développer, puis dans un second temps vers les communes de Gardanne et Meyreuil. Une action sera entreprise pour installer des panneaux photovoltaïques et renforcer l’efficacité énergétique des bâtiments publics.

· La transition des mobilités est indispensable pour atteindre l’objectif de la France de neutralité carbone en 2050. Une étude de modernisation des installations ferroviaires pour le fret a d’ores et déjà été lancée ; des investissements pour les modes actifs (vélo…) sont prévus; l’hydrogène produit devrait être en partie utilisé pour des solutions innovantes de mobilité.

Enfin, une étude d'aménagement durable sur ce territoire sera lancée début 2021 par la Métropole avec le soutien de l’État : ses conclusions enrichiront le Pacte.

Le Pacte consacre également des réflexions et projets engagés par le Grand Port Maritime de Marseille, en lien avec son projet stratégique, visant à conforter son développement et à ainsi compenser la perte du trafic charbon généré par la tranche à charbon de la centrale.[CD2] 

Le Pacte acte par ailleurs un solide dispositif de gouvernance et de dialogue, permettant d’accompagner et de mettre en œuvre rapidement les projets, tout en laissant une large place à la concertation avec toutes les parties prenantes, signataires du Pacte et au-delà (organisations syndicales, associations, etc).

Cette mise en œuvre passe par un soutien financier de l’ensemble des partenaires. Une enveloppe de 10 millions d’euros (40 millions pour l’ensemble des quatre territoires des centrales à charbon), le « fonds charbon », a ainsi été engagée par l’État, au-delà de la mobilisation des crédits de droit commun et des financements disponibles dans le cadre de France Relance. Les projets du territoire devraient également bénéficier de crédits européens gérés par le Conseil régional (en particulier le Fonds de Transition Juste).

Parallèlement au Pacte, le Gouvernement met en place un dispositif spécifique et exceptionnel d’accompagnement des salariés concernés par l’arrêt de la centrale : salariés de Gazel Energie, en complément de la responsabilité première de l’employeur, salariés portuaires, et sous-traitants. Le Gouvernement a adopté à cette fin une ordonnance (qui a valeur de loi) le 29 juillet dernier, dont le décret d’application est en cours de finalisation. Le service public de l’emploi est d’ores et déjà mobilisé, sous l’autorité du Préfet, pour accompagner les entreprises sous-traitantes et prévoir l’accompagnement individualisé des salariés impactés.

« Un travail considérable a été réalisé par les services de l’État, mais aussi par les collectivités et de nombreux partenaires, que je tiens à saluer. Nous avons su jouer collectif, et nous continuerons y compris dans le cadre d’un dialogue approfondi avec les associations, les organisations syndicales et toutes les parties prenantes de ce territoire aux multiples atouts. L’État continuera d’être fortement mobilisé, pour contribuer à l’animation des partenaires mais aussi en termes d’ingénierie et de soutien financier. Il le sera également, avec l’ensemble des partenaires du service public de l’emploi, pour accompagner individuellement les salariés impactés » a déclaré Christophe Mirmand, préfet du département des Bouches-du-Rhône en introduction de la réunion.

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